| Résumé | Cet effort exploratoire a été entrepris en réponse à la situation canadienne actuelle de rareté de l’information sur les incendies dans les collectivités autochtones et dans l’espoir de trouver une source de données supplémentaire qui pourrait enrichir l’information recueillie dans le cadre du Système national de déclaration des incidents (SNRI) [NIFSC, 2024] récemment lancé.
Les principaux résultats de l’analyse exploratoire incluent la capacité de déterminer les renseignements sur les incendies disponibles dans la BDNI pour les incidents dans des collectivités autochtones. De plus, lorsque la comparaison avec des études publiées précédemment était possible, des tendances similaires ont pu être dégagées pendant l’analyse exploratoire de la présente étude pour tous les incendies résidentiels . Par conséquent, la BDNI pourrait être utilisée pour fournir une source de données supplémentaire à combiner avec l’information du SNRI de sorte que les données enrichies puissent être disponibles pour les collectivités autochtones et éclairer des plans de réduction des risques d’incendie adaptés à chaque collectivité et par chaque collectivité.
Pour le présent rapport, la définition des « emplacements de collectivités autochtones » est liée aux renseignements de géolocalisation indiqués dans la BDNI et à la façon dont les renseignements sur les incidents ont été recueillis. Les renseignements de géolocalisation indiqués ont été utilisés pour définir un sous-ensemble de la BDNI pour les incidents susceptibles de survenir au sein d’une collectivité autochtone. Dans tous les cas, la prudence est de mise dans l’utilisation des résultats et des observations en raison des facteurs suivants :
• Données de taille relativement petite;
• Possibilité de sous-déclaration des incidents dans les collectivités autochtones du fait que l’entraide était un facteur clé de déclaration, notamment :
o L’aide mutuelle serait limitée aux emplacements où une collectivité adjacente :
a conclu une entente de services municipaux ou une entente équivalente avec la collectivité autochtone; et
fait rapport au système fédéral, provincial ou territorial participant aux cycles d’enquête de la BDNI;
o L’information incluse dans la BDNI a été déclarée par le personnel du service d’incendie fournissant l’entraide, lequel personnel n’était pas nécessairement membre de la collectivité autochtone adjacente; et
o La déclaration des renseignements sur les incidents par le service d’incendie d’une collectivité autochtone ne devrait pas être incluse dans les systèmes de collecte fédéraux ou provinciaux;
• La déclaration des renseignements sur les incidents est fortement dépendante de la cohérence et de l’exactitude des renseignements de géolocalisation déclarés en combinaison avec les listes de noms de collectivités autochtones et les renseignements sur les subdivisions de recensement;
• La quantité de renseignements non connus indique une sous-déclaration des détails des incidents; et
• L’information disponible ne peut pas être bien comprise sans que l’on tienne compte du contexte historique et des réalités actuelles des collectivités autochtones.
Il ne s’agit pas d’ignorer les observations générales issues de cette source de données, mais de les prendre en compte dans l’application des résultats à des situations ou à des considérations spécifiques. Dans de tels cas, un examen et une analyse détaillés des données disponibles seraient recommandés pour explorer l’information disponible en contexte pour la collectivité.
Pour la présente étude, l’information sur les incendies résidentiels a été reliée à des emplacements de collectivités autochtones, d’après les renseignements de géolocalisation disponibles, pour 4 089 incendies, 191 décès de civils liés à un incendie et 179 blessures de civils liées à un incendie.
Les principales observations incluaient que les résultats pour certaines variables choisies (c.-à-d. l’aire d’origine du feu, le rôle des objets ayant contribué à l’inflammation, le rôle des avertisseurs de fumée et le rôle des actes ou des omissions) pouvaient indiquer les catégories les plus courantes de rangs similaires ou même de pourcentages similaires en cas de comparaison des ensembles de données pour des emplacements de collectivités autochtones et non autochtones. Ces observations ne s’appliquaient pas à toutes les variables. De plus, la comparaison des taux de décès de civils liés à un incendie pour 1 000 incidents montre systématiquement des taux plus élevés pour les emplacements de collectivités autochtones que pour les emplacements de collectivités non autochtones.
Quelques observations notables relativement aux taux de décès de civils liés à un incendie pour 1 000 incidents comprennent ce qui suit :
• Le rôle des avertisseurs de fumée , était environ :
o affaiblies, avoir un accident ou être distraite ou préoccupée) pour les emplacements de collectivités autochtones que pour les emplacements de collectivités non autochtones; et
o 5 fois plus élevé pour la mauvaise utilisation déclarée de matières enflammées dans les emplacements de collectivités autochtones que dans les emplacements de collectivités non autochtones.
Voici un exemple d’exceptions notables par rapport aux tendances générales observées pour les actes ou omissions similaires les plus couramment déclarés dans la catégorie des incendies de cause incendiaire :
• La cause d’incident la plus souvent déclarée (~35 %) pour les emplacements de collectivités autochtones, comparativement aux quatrième à sixième rangs (trois catégories affichant le même pourcentage d’environ 12 %) pour les collectivités non autochtones; et
• Le taux de décès de civils liés à un incendie pour 1 000 incidents7 était 1,4 fois plus élevé pour les emplacements de collectivités autochtones que pour les emplacements de collectivités non autochtones.
Les principales recommandations fondées sur les observations de la présente étude sont les suivantes :
• Dans la mesure du possible, il est recommandé d’utiliser les données liées à une collectivité autochtone pour déterminer le risque d’incendie pour cette collectivité;
• Lorsque la quantité ou la qualité des données disponibles est limitée pour un emplacement autochtone donné, il n’est pas recommandé d’utiliser les tendances en matière d’incendies observées pour les emplacements non autochtones; le cas échéant, ces tendances devraient être utilisées avec prudence; et
• L’importance de la collecte de données à l’appui de discussions et de décisions fondées sur des données probantes continue à être renforcée. |
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